Tripalium – Pourquoi le travail est devenu une souffrance | Gérard Haddad

publication-tripalium-haddadPourquoi notre rapport au travail est-il marqué par la souffrance, comme en témoigne l’étymologie du mot « tripalium », terme latin désignant un instrument de torture ? Et pourquoi certains peuples refusent-ils le progrès technique, s’enfermant dans le sous-développement ? Telles sont les questions que se pose Gérard Haddad, agronome en Casamance, au Sénégal, dans les années 1960.Il a alors l’intuition de subdiviser les opérations de travail agricole en unités minimales. Apparaissent ainsi trois, et seulement trois, structures élémentaires du travail. Puis il découvre que ces trois structures ressemblent étrangement à celles définies par Freud dans le travail du rêve. Ce qui établit un pont entre activités corporelles et activités psychiques.
Le problème s’éclaire d’une lumière nouvelle : en rejetant le progrès, les Africains casamançais refusaient d’abandonner leur mode de travail, sacré à leurs yeux, car il les liait à la terre de leurs aïeux. À la fois structurelle et psychanalytique, cette analyse nous livre une clé majeure, inexplorée, pour comprendre la souffrance que l’homme moderne ressent devant les tâches toujours plus technicisées qui sont les siennes.

Gérard Haddad, agronome de formation, devient psychanalyste dans les années 1970, après avoir rencontré Jacques Lacan. Il a publié plusieurs ouvrages, dont Le Jour où Lacan m’a adopté (Livre de Poche, 2004), Le Péché originel de la psychanalyse (Seuil, 2007), et Lumière des astres éteints (Grasset, 2011).

Tripalium – Pourquoi le travail est devenu une souffrance, Gérard Haddad – ed. François Bourin, 2013